La pause s’impose

Il faut reconnaître que nous vivons une drôle d’époque. Du reste nos aïeux disaient probablement la même chose à leur époque. Ce n’est donc pas d’ aujourd’hui ! L’actuel confinement en est exemple paroxystique.

Au-delà du moment que nous vivons, qu’est ce qui caractérise notre époque ?

Un certain nombre de paradoxes bien de notre temps, en voici quelques exemples :

On communique beaucoup mais on ne se parle plus ! Observons un couple au restaurant, enfin observions ! Se parler à table avec son conjoint est devenu superfétatoire, il est plus urgent de communiquer via un réseau social. En fait on communique avec n’importe qui, de n’importe où, n’importe quand, sur n’importe quoi grâce aux outils (ordinateur, téléphone portable, internet…) nés de la révolution des techniques de l’information et de la communication (les fameux TIC), qui garantissent l’anonymat en même temps que le voyeurisme. Sacré progrès !

Ce sont probablement les mêmes qui exhortent l’humanité à protéger et préserver dame nature tout en passant son temps libre à voyager à l’autre bout du monde. Profiter et liberté individuelle les deux mamelles de l’homo festif (expression chère à Philippe Muray dont je ne saurais trop vous recommander la lecture) de ce début de 21 siècle.

Et que dire de ce paradoxe saisissant : c’est à un moment où l’humanité a fait de la terre (planète pour reprendre le mot à la mode)  son terrain de jeu, ou certains refusent les frontières pour permettre la libre circulation des hommes et des biens à sa guise et rêvent d’une gouvernance mondiale (pour assujettir encore plus l’homme ?…) que nous ne pouvons plus quitter notre domicile. Pour ne pas pleurer mais pour rire à en pleurer !

Et toutes ces entreprises, disons plutôt grands groupes internationaux, avec leurs règles de « compliance » (mot anglo-saxon fourre-tout dont nul ne sait ce qu’il recouvre à part celui de se donner bonne conscience) qui érige le bien- être et la bienveillance comme vertus essentielles au travail tout en pressant au maximum chaque once d’énergie de ses employés pour gonfler les bénéfices au profit de quelques-uns !

On pourrait en citer tant d’autres, allez une dernière :  Mme Belloubet, l’actuelle ministre de la justice, propose, pour résoudre l’épineux problème de mutineries dans les maisons carcérales de faire sortir de prisons 5000 détenus, rien de moins. Comprenez, le COVID 19 sévit également en prison, les détenus ont peur, et le parloir leur est interdit !  Donc on fait sortir les prisonniers pendant qu’on enferme la population chez elle. Laquelle est menacée de sanctions de plus en plus lourdes, jusqu’à des peines d’emprisonnement (pour remplacer ceux qui vont en sortir ? …) pour les contrevenants s’ils ne respectent pas les strictes conditions de confinement. Ce monde est étonnant, c’est un doux euphémisme.

Pour revenir à cette période de confinement, passé la période de sidération, il est temps de se projeter et d’en tirer du positif. Chose semble-t-il compliquée pour nombre d’entre nous. Pourquoi ?

A lire Pascal Bruckner reprenant une citation de Pascal : « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans leur chambre » Et Pascal Brukner de poursuivre : « Ce qui les menace c’est moins le virus que l’inaction, c’est moins le risque de tomber malade que de périr d’ennui ».

Alors pour chasser l’ennui, profitons de le distanciation physique et sociale de ces prochaines semaines pour saisir cette opportunité rare et unique d’être avec soi.

Nous qui voyons notre liberté réduite à sa plus simple expression alors que nous la rêvons la plus infinie possible depuis le milieu du 20ème siècle, donnons-nous la LIBERTE de se retrouver, durant ces quelques semaines… de se retrouver intérieurement.

Prendre le temps de juger de sa vie, professionnelle, comme personnelle, de ses choix, de ses envies… c’est une occasion unique à saisir et à ne pas laisser passer.

Alors posons pendant quelques instants tous ces TIC pour un travail d’introspection. (Au fait, TIC, l’acronyme sus cité, symbolise étrangement la façon compulsive avec laquelle l’individu utilise son smartphone !)

Cette introspection peut nous permettre de définir ou redéfinir nos besoins essentiels et de mettre nos actes en harmonie avec nos besoins.

Car, en étant bravache, on perçoit bien que c’est l’harmonie dans nos vies personnelles et professionnelles qui a payé le plus lourd tribu à la frénésie technologique de ces dernières années.

Il y a encore quelques jours, quelqu’un revenant sur terre aurait pu affirmer que l’occidental paraissait plutôt malheureux alors qu’au fond il avait tout pour être heureux.

Alors peut-être est-il possible d’être heureux avec peu de chose, actuellement un toit, de quoi manger, être en bonne santé et la liberté de penser !

Ecoutons le sage :  l’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux.

Oui très bien et comment procéder face à cette déferlante d’informations toutes plus négatives les unes que les autres ?

Ceux d’entre vous avec qui j’ai déjà travaillé le savent parfaitement, la vision positive est la clé, particulièrement en cette période.

La vision positive n’est absolument pas le positivisme, démarche réductrice mais plutôt l’art de prendre sur soi pour se focaliser sur le positif et laisser de côté le reste.

C’est au fond un art à travailler sans cesse, tous les jours.

Comme l’addict doit prendre sur lui pour résister à la tentation, être dans une démarche positive suppose de résister aux ondes négatives, jusqu’à être à même de transformer le négatif en positif.

Mais c’est aussi un choix personnel : le positif renforce, dynamise, conforte, rassure quand le négatif affaiblit, assombrit, éteint, restreint…

A vous de choisir, car on fond nous restons maîtres de notre libre arbitre.

Ne laissons donc à personne d’autre le soin de penser à notre place, de décider à notre place, d’agir à notre place.

Ce confinement doit être synonyme d’ouverture sur soi et de réflexions profondes sur l’avenir, individuellement et collectivement.

A nous de choisir entre l’approche positive ou négative des choses, c’est l’alternative que nous offre la vie.

Puissent beaucoup d’entre nous en prendre la mesure.

Frank Falleur

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